Buzz, Cinéma, Hors-champ

J’ai testé le cinéma en réalité virtuelle

Ils ont l’air un peu perdus, les extraterrestres. Assis sur une chaise qui tourne, les yeux cachés sous un casque blanc et noir, ils regardent à gauche. A droite. En bas, même. Font un petit tour sur eux-mêmes.

Dans la file d’attente, on rigole un peu devant ce spectacle. Mais, en vrai, ça bout pas mal de jalousie. Dans mon sac, le Graal, le ticket qui me permettra d’être comme eux : spectatrice d’une séance de cinéma en réalité virtuelle (ou VR) lors de Laval virtual.

Sautiller sur la lune

Chaque année, en Mayenne, c’est l’événement autour du virtuel : de gros chapiteaux blancs atterrissent devant la salle polyvalente et ça se met à causer français, anglais ou japonais en maniant un drone ou en jouant aux jeux vidéo.

Grande star de cette édition 2017 du salon Laval virtual : le casque virtuel. Dans un coin, ça donne le biberon à un bébé (en vrai, une antenne et une poupée). Dans l’autre, ça se croit sur la lune et ça sautille.

Mais moi, c’est la petite salle improvisée par Diversion cinéma qui m’intéresse. Justement, la dame me fait un grand sourire pour me dire d’entrer. Je découvre le matos : un casque blanc avec deux petits trous où placer ses yeux, comme des jumelles. Et, collé devant mon nez, un smartphone noir.

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Reste à mettre un casque sur mes oreilles et me voilà dans le monde virtuel… ou presque. C’est que ça piétine et que ça bavasse pas mal autour de moi. J’enlève tout pour écouter le Monsieur nous donner le programme de la séance de trente minutes. Et c’est parti.

Je suis sous un lit. Je tourne la tête pour admirer le nounours moribond, le petit train, les affaires qui traînent autour de moi. Deux jambes arrivent, une conversation s’engage et je comprends : je suis le monstre sous le lit.

De petits couacs

A l’aveugle, je tourne la molette sur mon casque pour régler la visibilité. C’est normal que je vois flou d’un oeil ? Pas pratique la buée ou les yeux qui pleurent. Et pas pratique non plus ce casque qui m’écrase un peu le nez.

Fini le monstre sous le lit. Nous voilà dans une salle où, d’un côté, pianiste et violoncelliste entament un concerto. Et, de l’autre, deux danseurs multiplient les poses techniques. Je vais des uns aux autres, plisse les yeux : l’image n’est pas en HD et je vois le grain de mon écran de smartphone.

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Re-changement d’ambiance : une femme me conte en anglais une histoire avec plein de poissons. Quand je suis posée dans une scène, à me retourner dans tous les sens pour admirer la vue, tout va bien. Mais ça se corse quand je bouge avec l’image et ça me fait tout bizarre. Normal : mon cerveau ne comprend plus si je suis immobile sur cette chaise, au milieu d’un salon dédié au virtuel, ou si je nage au milieu des requins.

Mais l’impression passe vite et, après un surchauffage de mon casque qui me laisse quelques secondes un écran blanc, on passe au dernier film : un documentaire en anglais sur les volcans. L’un explose. Des débris arrivent vers moi. Mon cerveau me hurle de ne pas fermer les yeux, que ce bout enflammé ne va jamais me toucher, que ce serait débile de le croire et… je ferme les yeux. Corps : 1. Cerveau : 0.

C’est fini. L’écran m’affiche un décompte avant de retrouver « la vie normale ». Je me lève. Même pas mal à la tête, ni de vertige. « Normalement, on a aussi un système qui fait bouger et vibrer les fauteuils », me glisse l’une des femmes de Diversion cinéma.

Bilan ?

L’expérience est sympa et a le mérite de changer de la salle traditionnelle de cinéma. Mais de là, à voir tout un film comme ça… Mouais. Ça écrase le nez, la qualité de l’image n’est pas extra. Et, le plus important : comment on fait pour rouler une galoche à son voisin, hein ?

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